Lacloche Frères

Lacloche Frères, fulgurances dans le temps et le génie

Si les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas étaient au nombre de quatre, les quatre frères Lacloche, Léopold (1863-1921), Jacques (1865-1900), Jules (1867-1937) et Fernand (1868-1931) devinrent vite trois suite à la mort accidentelle de Jacques dans l’accident de train Madrid-Paris en 1900.

Ils connurent un succès fulgurant sur une période étonnement courte. Issus d’un milieu très modeste et orphelins de père, ils entreront dans le grand monde par la petite porte offerte par un beau-père bijoutier. Leur première boutique ouvre en 1892 au 51 rue de Châteaudun, loin du tout Paris, qu’ils quitteront pour l’avenue de l’Opéra avant la consécration et ouvrir 15 rue de la Paix dès 1901, proche de Cartier. Puisque l’une de leur force est le nombre de la fratrie, ils inaugureront dans le même temps plusieurs points de vente dont Madrid puis rapidement Londres.

La première guerre mondiale, malgré la difficulté, n’aura pas encore définitivement raison du développement de la maison et les lendemains marqueront l’apothéose de Lacloche Frères avec les années folles. Au panthéon de l’art joailler, ils participent aux côtés des plus grands à l’Exposition de 1925. Ces quelques années seront exceptionnelles pour la maison avec des commandes émanant du monde entier. Cependant la crise financière de 1929, très aidée par l’empressement familial dans les casinos, marquera LA première cassure dans l’ascension de la maison et à la mort de Fernand en 1931, seul subsiste Jules, contraint à la fermeture.

L’usage à l’époque consistait à se rapprocher des meilleurs ateliers que comptait Paris plus que de se reposer sur un atelier de création interne. La fratrie aura collaboré avec les plus réputés d’entre eux, Bournadet, Chenu, Hatot, Lenfant, Verger… L’excellence de ces ateliers dans la réalisation saura sublimer le goût Lacloche cher à la prestigieuse clientèle.

 

 

Lacloche Frères renait en Lacloche

En 1936, le fils de Jacques, décédé dans l’accident de train, reprend la maison. Il connaitra lui encore un vif succès même si aujourd’hui les historiens du
bijou jugent sa production moins remarquable que lors de la première période. Dans les années 60, Jacques se réoriente vers le design et l’art contemporain pour prendre définitivement sa retraite de joaillier en 1967.

De cette brillante réussite parmi les plus importants joaillers du début du siècle ne reste aujourd’hui pas d’autres témoignages que les réalisations elles-mêmes
parvenues jusqu’à nous. Les archives ont disparu et les précieux catalogues nous renseignant sont rares.

La première période (1900-1930) de la production signée « Lacloche Frères » est particulièrement recherchée et appréciée des amateurs, qu’il s’agisse des bijoux mais aussi des objets comme les nécessaires de beauté, boîtes précieuses, étuis à cartes de visite ou encore à rouge à lèvres, montres et pendules (…), production variée puisque rappelons que les plus grands joailliers se reposaient sur de nombreux ateliers externes aux savoir-faire multiples.