Monaco – Louis II, Prince de Monaco

Ensemble de lettre dactylographiées et signées expédiées à son ami le Général François

8/5/1939

« J’ai été particulièrement sensible aux si aimables félicitations que j’ai reçues de vous ce matin à l’occasion du geste, si inattendu pour moi, que le Gouvernement vient d’avoir à mon égard.

Ma troisième étoile est le couronnement d’une carrière déjà longue que j’ai consacrée de tout mon cœur à la France et à son Armée, je ne puis donc que me sentir profondément heureux, car cette promotion rejaillit aussi sur la Principauté. »

Le Prince servit dans l’Armée française durant la première guerre mondiale et fut citer plusieurs fois pour sa conduite héroïque

19/5/1941

« (…) C’est une joie pour moi d’apprendre votre visite possible pour Juin et je pense que vous ne vous rétracterez pas, prévenez moi un peu à l’avance afin de ne pas mourir de faim. Vous me trouverez certainement puisque les occupants m’interdisent même d’aller à Paris et que je suis obligé d’avoir l’œil sur mes voisins immédiats, fiers de leurs si ……. beaux succès et du coup de poignard dans le dos de Juin dernier (…)  »

Texte poignant et ironique du Prince évoquant la déclaration de guerre italienne à la France de juin 40 et l’occupation en Principauté

24/7/1941

« (…) Je ne sais comment vous remercier (…) de répondre si rapidement au désir que je vous avais exprimé (…). Les deux très belles peaux de gazelles sont arrivées hier soir et ont comblé de joie ma petite fille qui pourra, grâce à vous, commander des chaussures, puisque l’on ne trouve plus rien de propre (…) »

Témoignage émouvant des difficultés quotidiennes, entre autres matérielles, engendrées par le conflit pendant l’occupation de la Principauté

14/10/1946

« Rentré se Suisse ou j’ai passé deux mois de vacances, les premières sérieuses depuis 1940, je réponds à votre aimable lettre du 12/8 et vous remercie des félicitations que vous m’adressez à l’occasion de l’événement important qui a modifié ma vie, un peu sur le tard… Mon beau-père, le Colonel Dommanget, brave homme, est le type de vieux blédard qui a roulé sa bosse aux quatre points cardinaux, il a 79 ans, mais est encore solide et chasseur enragé. Pour ce qui est de mon pauvre Marchais, il a été occupé pendant 4 ans par les Boches qui ont tout emporté : literie complète, linge, toute ma vaisselle, toute mon argenterie, fourneaux de cuisine, casseroles, verrerie, etc. Il ne reste donc plus rien et je ne trouve rien pour remplacer : après sont venus les Américains qui ont démolis le domaine : milliers d’arbres coupés, champs dévastés, clôtures arrachées, etc., c’est donc complet. Mon argenterie est, hélas, en zone Russe, c’est tout dire… Et je fais une croix dessus, elle était estimée 250,000 frs avant 1914, vous voyez donc la somme qu’elle vaudrait aujourd’hui, on mange donc dans du métal blanc en attendant des jours meilleurs (?). Ici, je remonte le pays peu à peu. (…) »

Le Prince fait allusion à son mariage et raconte en détails le saccage de son Château de Marchais pendant le conflit
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